L’asthénie désigne la sensation subjective de faiblesse ou d’abattement. Il ne s’agit pas d’une maladie à part entière, mais d’un symptôme associé à d’autres pathologies. Aperçu.
Qu’est-ce que l’asthénie ?
Le terme « asthénie » vient du mot grec ancien ἀσθένεια (« asthéneia ») et signifie « faiblesse » ou « manque de force ». Il ne s’agit pas d’une maladie à part entière, mais d’un symptôme non spécifique. L’asthénie accompagne souvent d’autres pathologies, par exemple dans le cadre d’infections. Elle peut également survenir comme effet secondaire de certains médicaments ou être liée à des facteurs tels qu’un mode de vie malsain, un manque de sommeil ou un manque d’activité physique.
Historiquement, les termes « faiblesse » et « asthénie » étaient principalement utilisés pour décrire une sensation subjective de fatigue, tandis que le terme « fatigue » désignait un épuisement consécutif à un effort physique. Dans la terminologie médicale actuelle, l’asthénie et la fatigue sont toutefois largement utilisées comme synonymes . Ces deux termes décrivent une sensation subjective de fatigue ainsi qu’une diminution des capacités physiques et mentales. L’asthénie peut avoir des répercussions sur différents domaines, notamment les capacités physiques, émotionnelles et cognitives. Sur le plan physique, elle peut être localisée ou toucher l’organisme tout entier. Elle peut en outre se manifester sous différentes formes.
Quelles sont les formes d’asthénie ?
L’asthénie peut se manifester de différentes manières. En médecine et en psychologie, elle est classée en différentes formes et syndromes. Chaque forme se caractérise par des traits et des symptômes spécifiques qui aident à mieux cerner la cause de la faiblesse ou de l’épuisement. Nous présentons ci-dessous les principales variantes et expliquons leurs différences.
Dyslexie :
- Le trouble de la lecture et/ou de l’orthographe se caractérise par des difficultés importantes et persistantes dans l’acquisition des compétences en lecture et en écriture, comme l’indique l’association allemande Bundesverband Legasthenie & Dyskalkulie e.V. Selon la Classification internationale des maladies (CIM-10) de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), on parle de dyslexie lorsque ces déficits ne s’expliquent pas par des facteurs tels qu’un retard de développement, une intelligence inférieure à la moyenne, une scolarisation insuffisante, des troubles psychiques ou des lésions neurologiques. Ce trouble apparaît donc malgré des capacités cognitives adaptées à l’âge, un soutien scolaire suffisant et une perception sensorielle intacte. Statistiquement, les garçons sont plus souvent touchés que les filles.
Myasthénie:
- La myasthénie désigne une faiblesse des muscles squelettiques qui peut être soit localisée à certains groupes musculaires, soit généralisée. Elle se caractérise par une aggravation de la faiblesse musculaire en fonction de l’effort, accompagnée d’une fatigue inhabituellement rapide. Les causes peuvent notamment être des lésions des motoneurones ou de leurs fibres nerveuses, des troubles de la transmission neuromusculaire ainsi que des modifications fonctionnelles ou structurelles des cellules musculaires.
Neurasthénie :
- Le terme « neurasthénie » décrit une fatigue mentale accrue ou un épuisement prononcé survenant après un effort physique ou mental même minime. Ce tableau clinique présente en partie des similitudes avec le syndrome de fatigue chronique.
Trouble de la personnalité asthénique :
- Il s’agit d’une forme de trouble de la personnalité caractérisée par un manque prononcé de motivation et d’énergie. Les personnes concernées se sentent souvent impuissantes et inférieures, ce qui les conduit à hésiter à prendre des décisions de manière autonome et à déléguer souvent leurs responsabilités à d’autres.
La fatigue printanière est souvent perçue comme de l’asthénie – mais existe-t-elle vraiment ?
Une forme particulière de fatigue, perçue comme de l’asthénie, est ce qu’on appelle la fatigue printanière. Le passage de l’hiver au printemps compte parmi les changements les plus marquants au cours de l’année dans les latitudes tempérées. Avec l’allongement des journées et la hausse des températures, la nature reprend visiblement vie – mais alors que beaucoup de gens trouvent ce changement revigorant, d’autres font état de fatigue, manque d’énergie, problèmes circulatoires et troubles de la concentration. Ce phénomène est connu depuis longtemps dans les pays germanophones sous le nom de « fatigue printanière » et soulève la question de savoir s’il s’agit d’un phénomène physique réel ou plutôt d’un concept culturel.
D’un point de vue historique, ce terme apparaît principalement au XIXe siècle dans des ouvrages de médecine populaire, ancré dans les idées de naturopathie et la diffusion croissante des connaissances médicales. On trouve toutefois des observations similaires dès la médecine antique, notamment dans la doctrine hippocratique, qui soulignait l’influence des saisons sur le corps humain. Au XIXe siècle, la fatigue printanière était considérée comme un processus d’adaptation temporaire, pour lequel des mesures telles que l’exercice physique, l’air frais ou des « cures de printemps » étaient recommandées. La littérature reflète également l’ambiance ambivalente de cette saison, entre renouveau et lassitude.
Du point de vue médical actuel, la fatigue printanière n’est pas une maladie à part entière, mais un trouble non spécifique de l’état général qui n’est répertorié dans aucune classification internationale des maladies. Néanmoins, de nombreuses personnes – selon les estimations, 40 à 60 % en Europe centrale – font état de symptômes correspondants, en particulier entre mars et mai. Actuellement, ce phénomène est principalement interprété comme une réaction d’adaptation physiologique du corps aux changements de lumière, de température et d’activité.
Causes possibles de l’asthénie
L’asthénie est généralement un symptôme de maladies sous-jacentes. Parmi les facteurs déclenchants aigus, on peut citer par exemple les infections telles que la méningite, qui peuvent s’accompagner d’une raideur musculaire, ou une décompensation cardiaque – un dysfonctionnement du cœur résultant par exemple d’un infarctus du myocarde ou d’un accident vasculaire cérébral. Parmi les causes chroniques, on compte notamment les changements liés à l’âge, la malnutrition, l’anémie, une hypothyroïdie, des carences nutritionnelles (telles que une carence en vitamine B12), la tuberculose, le diabète sucré, l’apnée du sommeil ainsi que des troubles psychiques tels que la dépression.
De plus, l’asthénie et la faiblesse musculaire générale surviennent fréquemment chez les patients atteints de maladies chroniques à un stade avancé, comme la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), l’insuffisance cardiaque ou le cancer. Les maladies neurologiques ou auto-immunes telles que la sclérose en plaques peuvent également s’accompagner d’une asthénie marquée. Enfin, l’asthénie peut également être d’origine médicamenteuse . Elle est notamment décrite en association avec les antihypertenseurs, les antidépresseurs, les statines destinées à réduire le cholestérol ainsi que les diurétiques de l’anse utilisés pour traiter les œdèmes (rétention d’eau). De même, des interactions entre différents principes actifs, par exemple lors de l’association d’opioïdes avec des anticholinergiques, des antihistaminiques ou des benzodiazépines, peuvent favoriser l’apparition de ces symptômes.
En résumé, cela signifie:
L’asthénie est généralement un symptôme de maladies sous-jacentes et peut être causée aussi bien par des facteurs aigus, tels que des infections ou des événements cardiaques, que par des facteurs chroniques, tels que des carences, des maladies métaboliques ou des troubles psychiques. De plus, elle survient souvent en lien avec des maladies chroniques ou neurologiques avancées et peut également être due à des médicaments ou à leurs interactions.
Signes typiques de l’asthénie
L’asthénie se manifeste généralement par une sensation subjective d’épuisement physique, émotionnel ou cognitif, qui peut considérablement altérer les performances et les capacités fonctionnelles quotidiennes & Elle se caractérise par le fait que la faiblesse ressentie est sans rapport proportionnel avec l’effort précédemment fourni et est souvent perçue comme persistante et pénible. Parmi les indices possibles d’asthénie, on peut citer :
- Les symptômes peuvent être localisés et toucher certaines parties du corps telles que les bras ou les jambes.
- Contrairement à une paralysie, la capacité motrice est en principe préservée, mais elle est souvent perçue comme nettement difficile et exigeante en termes d’effort .
- Les mouvements peuvent paraître ralentis et retardés.
- Des crampes musculaires et des tremblements peuvent survenir en même temps.
- En cas de manifestation généralisée  
- Les tâches quotidiennes deviennent de plus en plus difficiles et ne peuvent être accomplies que de manière limitée .
Dans l’ensemble, l’asthénie se caractérise par une combinaison de résistance réduite et de faiblesse subjectivement ressentie, qui peut affecter aussi bien les performances physiques que mentales.
Comment diagnostique-t-on l’asthénie ?
Le diagnostic de l’asthénie repose en premier lieu sur une anamnèse détaillée ainsi que sur un examen physique minutieux. Étant donné que ce symptôme peut avoir de nombreuses causes possibles et que la fatigue est un symptôme concomitant fréquent de nombreuses maladies – en particulier à un stade avancé –, le diagnostic s’avère souvent complexe. Lors de l’entretien anamnestique, le médecin recueille des informations sur la nature, la durée et l’intensité des symptômes. Il recueille également les antécédents médicaux et familiaux complets et examine la médication actuelle. L’objectif est d’identifier les facteurs de risque potentiellement réversibles ou traitables et de mettre en évidence des indices de maladies sous-jacentes. On évalue également dans quelle mesure l’asthénie affecte les activités quotidiennes et la qualité de vie des personnes concernées.
L’examen physique fournit des indices supplémentaires pour déterminer la cause. En cas de faiblesse localisée, un examen ciblé de la région du corps concernée est effectué. En complément, selon le diagnostic présumé, divers examens d’imagerie et analyses de laboratoire peuvent être utilisés.& nbsp;Les analyses de sang et d’urine permettent notamment de détecter des infections, une anémie, des troubles métaboliques, une malnutrition ou des déséquilibres électrolytiques. En cas de suspicion de méningite, une ponction lombaire peut être nécessaire pour analyser le liquide céphalo-rachidien. Les techniques d’imagerie telles que l’échographie, la radiographie, l’imagerie par résonance magnétique (IRM) ou la tomodensitométrie (TDM) permettent de visualiser d’éventuelles lésions des os, des muscles ou des nerfs. L’IRM est particulièrement indiquée pour détecter des inflammations, des infections, des altérations vasculaires – par exemple en lien avec des accidents vasculaires cérébraux – ainsi que des tumeurs.
Pour affiner le diagnostic des causes neurologiques, on peut recourir à une électromyographie (EMG) , qui permet de diagnostiquer des maladies des nerfs périphériques et des motoneurones inférieurs. Dans certains cas, une biopsie musculaire ou nerveuse peut s’avérer nécessaire pour confirmer des maladies nerveuses spécifiques ou évaluer les processus de régénération.
En bref :
Le diagnostic de l’asthénie repose avant tout sur une anamnèse détaillée et un examen physique, car ce symptôme peut avoir des causes multiples et son élucidation est donc complexe. Les symptômes, les antécédents médicaux, la médication ainsi que les répercussions sur la vie quotidienne et la qualité de vie sont systématiquement recensés afin d’identifier les facteurs traitables et les éventuelles maladies sous-jacentes. En complément, selon les soupçons, des analyses de laboratoire, des techniques d’imagerie et des examens spécifiques tels que l’électromyographie ou des biopsies sont utilisés pour affiner la cause.
Traitement et thérapie de l’asthénie
Le traitement de l’asthénie dépend systématiquement de la cause sous-jacente. Les formes aiguës, par exemple celles résultant d’infections ou d’événements cardiaques, peuvent souvent être rapidement améliorées par un traitement ciblé – par exemple grâce à l’utilisation d’ antibiotiques, traitements médicamenteux tels que l’aspirine ou les thrombolytiques, ainsi que, le cas échéant, des interventions chirurgicales.
En cas de causes chroniques, par exemple dans le cadre de maladies cancéreuses, une approche thérapeutique multimodale et interdisciplinaire est généralement nécessaire.& nbsp;L’activité physique joue ici un rôle central, car il est prouvé qu’elle augmente le bien-être, soulage les symptômes d’asthénie et les douleurs, et améliore les performances physiques et la qualité de vie. Des pratiques telles que le yoga et le tai-chi se sont également révélées efficaces, selon Osmosis.org, dans des études visant à réduire la fatigue liée au cancer.
Un autre élément important est une bonne hygiène du sommeil. Des horaires de sommeil réguliers ainsi que le fait d’éviter les repas copieux et les boissons stimulantes le soir peuvent améliorer la qualité du sommeil et ainsi réduire la fatigue. En complément, les interventions cognitivo-comportementales et psychosociales – telles que la réduction du stress basée sur la pleine conscience – se sont avérées efficaces pour réduire l’épuisement et favoriser un sommeil réparateur.
Outre les mesures non médicamenteuses, les traitements pharmacologiques peuvent également contribuer à soulager les symptômes. Les glucocorticoïdes sont par exemple utilisés en cas de fatigue associée à une tumeur ou à d’autres maladies graves, tandis que les psychostimulants sont notamment utilisés en médecine palliative pour traiter la fatigue et la dépression – toutefois après une évaluation minutieuse, par exemple en cas de maladies cardiaques ou cognitives existantes.
Si l’asthénie est un effet secondaire des médicaments, un simple ajustement de la posologie ou du schéma posologique peut déjà entraîner une nette amélioration. Toutefois, toute modification du traitement médicamenteux ne doit en principe être effectuée qu’après consultation du médecin traitant.
Asthénie, fatigue, fatigue chronique – quelles sont les différences ?
Ces termes décrivent des troubles similaires, mais ne sont pas identiques. L’asthénie est un terme médical générique désignant une faiblesse ou un manque de force persistants. Elle apparaît souvent comme un symptôme d’autres maladies.
Le syndrome de fatigue chronique, également appelé encéphalomyélite myalgique (EM/SFC), est une maladie neuro-immunologique grave qui entraîne souvent un handicap physique important. Selon la Société allemande pour l’EM/SFC, on estime que bien plus de 40 millions de personnes sont touchées dans le monde.
Le terme fatigue chronique est plutôt utilisé dans le langage courant pour désigner le fait que des personnes se sentent constamment fatiguées ou épuisées. Sur le plan médical, il ne désigne toutefois pas automatiquement un syndrome clairement défini tel que le syndrome de fatigue chronique (ME/CFS).
