Douleurs articulaires : causes, symptômes et traitement

by Michaela

Les douleurs articulaires peuvent être dues à l’usure, à des inflammations ou à des maladies graves, et doivent être prises au sérieux. Ce guide présente les signes avant-coureurs, les situations d’urgence et les options de traitement.

Qu’est-ce que les douleurs articulaires ?

Avec les os, les muscles, les fascias et de nombreuses autres structures tissulaires, les articulations forment le système musculo-squelettique. Celui-ci est essentiel à la mobilité du corps ainsi qu’à sa stabilité. Selon la Société allemande de la douleur, le système musculo-squelettique compte parmi les origines les plus fréquentes des douleurs aiguës et chroniques, qui sont souvent dues à des maladies articulaires.

En cas de douleurs articulaires, on distingue généralement l’arthralgie et l’arthrite   Alors que l’arthralgie se caractérise exclusivement par des douleurs, l’arthrite – c’est-à-dire une inflammation de l’articulation – s’accompagne généralement d’autres symptômes. Il s’agit notamment de gonflements dus à une accumulation de liquide dans l’articulation, d’une sensation de chaleur locale et parfois d’une rougeur de la peau sus-jacente. Les douleurs peuvent être liées au mouvement ou persister au repos. De plus, le nombre d’articulations touchées fournit des indices diagnostiques importants : on distingue ainsi les douleurs monoarticulaires (touchant une seule articulation) et polyarticulaires (touchant plusieurs articulations), ce qui permet de déduire les causes sous-jacentes. 

Les causes les plus fréquentes des douleurs articulaires

Les douleurs articulaires sont souvent dues à des processus d’usure ou à des maladies inflammatoires. D’autres facteurs peuvent toutefois entrer en ligne de compte, qui varient en fonction de l’âge, du mode de vie et des antécédents médicaux. Aperçu des causes principales :

Usure et arthrose

L’usure articulaire est la cause la plus fréquente des douleurs articulaires, en particulier chez les personnes âgées. Il s’agit d’une maladie dégénérative non inflammatoire dans laquelle le cartilage articulaire s’use progressivement. Aux stades précoces, les douleurs surviennent principalement lors d’un effort ; par la suite, elles peuvent également apparaître au repos ou de manière persistante, par exemple la nuit. Des symptômes associés tels que la raideur, une mobilité réduite ou des bruits articulaires (craquements ou frottements) sont également typiques.

Maladies inflammatoires chroniques

Parmi celles-ci figurent les maladies rhumatismales inflammatoires telles que la polyarthrite rhumatoïde. Dans ce cas, le système immunitaire attaque les tissus de l’organisme, ce qui entraîne une destruction progressive des articulations et des douleurs persistantes.

Blessures, surmenage et mauvaises postures

Les douleurs articulaires aiguës touchant une seule articulation sont souvent causées par des claquages, des entorses ou des contusions. Celles-ci peuvent survenir, par exemple, lors de mouvements brusques, de chutes ou d’activités sportives. Les personnes jeunes ou physiquement actives, dont les articulations sont soumises à des contraintes plus importantes au quotidien ou lors de l’entraînement, sont particulièrement touchées. Mais les mauvaises postures au travail ou au quotidien, par exemple dues à des mouvements répétitifs, à des techniques de levage inappropriées ou à une station debout prolongée, peuvent également surcharger les articulations et provoquer des douleurs. Ces troubles apparaissent généralement de manière soudaine, sont localisés et peuvent souvent être soulagés par le repos, l’application de froid ou une kinésithérapie ciblée. Toutefois, si les douleurs persistent ou sont particulièrement intenses, il est impératif de consulter un médecin afin d’exclure toute blessure grave.

Infections et maladies infectieuses

Lorsque des bactéries pénètrent dans une articulation par la circulation sanguine ou à la suite de blessures, une arthrite dite infectieuse peut se développer. Il s’agit d’une urgence médicale, car l’articulation peut être rapidement endommagée. Les infections virales telles que la grippe, le coronavirus ou les maladies contractées en voyage comme la fièvre chikungunya peuvent également provoquer des douleurs articulaires. De plus, les infections bactériennes de l’intestin et des voies urinaires sont des facteurs déclenchants possibles. Il peut alors se développer une arthrite réactive, dans laquelle les symptômes (généralement au niveau des articulations des jambes comme le genou) apparaissent avec un certain décalage et se déplacent parfois d’une articulation à l’autre.

Ménopause

Les changements hormonaux liés à la ménopause peuvent favoriser l’apparition de douleurs articulaires chez les femmes. On soupçonne notamment la baisse du taux d’œstrogènes de réduire l’effet protecteur sur les articulations et d’influencer l’équilibre hydrique. Cette hypothèse n’est toutefois pas scientifiquement prouvée, comme l’indique l’Orthopädische Gelenk-Klinik.

Autres causes

Chez les enfants, l’arthrite juvénile idiopathique peut entraîner des douleurs articulaires. D’autres facteurs déclenchants sont également les maladies métaboliques telles que la goutte, les médicaments, un trouble de la coagulation sanguine et le syndrome de fibromyalgie.

Symptômes en cas de douleurs articulaires : quand consulter un médecin, quand s’agit-il d’une urgence ?

Symptômes typiques en cas de douleurs articulaires

Les douleurs articulaires peuvent se manifester de manière très variée. Les personnes concernées font notamment état de sensations de brûlure ou de picotements, mais aussi de douleurs pulsatiles ou sourdes. Dans le diagnostic médical, le moment de l’apparition joue également un rôle important :

  • Douleurs au réveil : surviennent généralement le matin au lever ou après de longues périodes de repos
  • Douleurs à l’effort : se manifestent surtout lors d’un mouvement ou d’un effort
  • Douleurs au repos : surviennent principalement au repos, souvent la nuit

En principe : Les douleurs articulaires persistantes ou récurrentes doivent faire l’objet d’un examen médical, en particulier si elles s’intensifient ou limitent votre mobilité.

Signaux d’alerte : quand faut-il consulter un médecin ?

Toutes les douleurs articulaires ne constituent pas immédiatement une urgence, mais certains symptômes justifient une consultation rapide chez un médecin. Il s’agit par exemple :

  • de douleurs articulaires qui persistent pendant plusieurs jours ou qui reviennent régulièrement
  • d’une raideur croissante ou d’une mobilité réduite
  • des gonflements répétés d’une ou de plusieurs articulations
  • des douleurs qui affectent considérablement votre vie quotidienne

Dans ces cas, un examen médical est recommandé afin d’en déterminer la cause et de mettre en place un traitement adapté.

Signes d’urgence : quand une aide médicale immédiate est nécessaire

Certains symptômes associés à des douleurs articulaires peuvent indiquer une maladie grave ou nécessitant un traitement d’urgence . Consultez immédiatement un médecin (service d’urgence/service des urgences) si, en plus des douleurs articulaires, un ou plusieurs des symptômes suivants apparaissent :

  • apparition soudaine, douleurs très intenses dans une ou plusieurs articulations
  • gonflement, rougeur et échauffement marqués d’une articulation
  • une mobilité nettement  réduite de l’articulation touchée
  • fièvre, frissons, perte de poids  involontaire ou fortes sueurs
  • un malaise général prononcé
  • des douleurs dans la poitrine
  • un essoufflement

Dans de telles situations, il convient immédiatement de consulter un médecin afin de détecter et de traiter à un stade précoce les causes graves, telles que des infections, des inflammations aiguës ou des maladies cardiovasculaires.

Douleurs articulaires dans les doigts : Ce qui se cache derrière l’arthrose de la main

Les douleurs dans les doigts touchent souvent des articulations isolées et sont fréquemment dues à des processus d’usure précoces. Le cartilage articulaire peut vieillir plus rapidement chez certaines personnes que chez d’autres – en raison de facteurs génétiques ou de changements hormonaux, par exemple au cours de la ménopause. De plus, des processus inflammatoires dans l’organisme, par exemple à la suite d’ allergies, d’intolérances ou de maladies auto-immunes, peuvent influencer tant la fréquence que la durée des symptômes. On distingue généralement trois formes d’arthrose des doigts :

  • Arthrose de Heberden : Touche les articulations distales des doigts
  • Arthrose de Bouchard : Touche les articulations interphalangiennes et touche principalement les personnes âgées, surtout les femmes
  • Rhizarthrose : Touche l’articulation en selle du pouce

Les articulations distales et intermédiaires des doigts sont les plus fréquemment touchées. Lorsque plusieurs articulations des doigts sont touchées simultanément, les spécialistes parlent de polyarthrose des doigts. Au fur et à mesure de l’évolution de la maladie, la couche de cartilage protectrice de l’articulation s’amenuise progressivement. De fines fissures apparaissent à la surface du cartilage et des particules de cartilage abrasées peuvent s’accumuler dans la cavité articulaire. Celles-ci irritent la synoviale et provoquent des réactions inflammatoires douloureuses. Aux stades avancés, les surfaces osseuses frottent directement les unes contre les autres, ce qui accentue considérablement la douleur. En réaction à la perte de cartilage, l’organisme produit davantage de tissu osseux. Il en résulte les épaississements nodulaires aux articulations, typiques de l’arthrose des doigts, que l’on observe chez la plupart des personnes touchées.

L’arthrose des doigts se manifeste par d’autres symptômes typiques. Outre le gonflement des articulations, on observe des rougeurs et des douleurs qui s’intensifient à l’effort. Parallèlement, la mobilité des doigts diminue progressivement. De nombreuses personnes touchées font également état de douleurs prononcées le matin, en particulier de la douleur typique au démarrage après le lever. Au fur et à mesure de l’évolution de la maladie, une perte de force notable dans la main peut survenir. Les activités quotidiennes, telles que saisir ou soulever des objets lourds, deviennent de plus en plus difficiles et sont souvent accompagnées de douleurs. La répartition selon le sexe est également frappante : les femmes sont nettement plus touchées que les hommes. Selon les estimations, environ 90 % des patients sont des femmes, chez lesquelles la maladie survient principalement à l’âge mûr.

En bref : 

L’arthrose des doigts est une cause fréquente de douleurs articulaires dans les mains et résulte de l’usure progressive du cartilage articulaire. Elle est favorisée, entre autres, par des facteurs génétiques, des changements hormonaux et des processus inflammatoires dans l’organisme. Les articulations distales et médianes des doigts ainsi que l’articulation sédiforme du pouce sont les plus fréquemment touchées. Les symptômes typiques sont des douleurs – surtout à l’effort et le matin –, des articulations enflées et rougies, une mobilité réduite ainsi que des épaississements nodulaires. Les femmes, en particulier celles d’âge moyen, sont nettement plus souvent touchées que les hommes.

Diagnostic des douleurs articulaires : comment procèdent les médecins

Afin de déterminer la cause de vos douleurs articulaires, l’examen commence généralement par un entretien approfondi. 

Les questions suivantes sont notamment posées : 

  • Depuis quand ces symptômes sont-ils présents ?
  • Dans quelles situations les douleurs apparaissent-elles ?

    Apparaissent-elles soudainement ou progressivement ?

  • Les douleurs s’aggravent-elles lors des mouvements, au repos ou la nuit ?
  • A-t-on des antécédents familiaux connus ?
  • Votre profession, vos activités sportives ou vos loisirs peuvent également fournir des indications importantes. 

L’examen physique qui suit consiste à palper les articulations concernées et à vérifier leur mobilité. Cela permet également de détecter d’éventuels gonflements, rougeurs ou autres anomalies.

Imagerie (radiographie, IRM, échographie)

Après l’anamnèse et l’examen physique, un diagnostic présomptif peut être posé dans un premier temps. Afin de le confirmer ou de le préciser, on a souvent recours à des techniques d’imagerie. Selon la Gelenk-Klinik , une radiographie permet par exemple de mettre en évidence des modifications des structures osseuses, telles qu’un rétrécissement de l’espace articulaire en cas d’arthrose. L’échographie permet surtout d’évaluer les tissus mous tels que les ligaments, les tendons ou les bourses séreuses. Pour obtenir des informations particulièrement détaillées sur l’articulation, les médecins ont recours à l’imagerie par résonance magnétique (IRM) ou à la tomodensitométrie (TDM), qui permettent de visualiser les articulations avec une grande précision grâce à des coupes transversales.

Analyses sanguines et autres examens

De plus, les analyses sanguines peuvent fournir des indications importantes : elles permettent de déterminer s’il y a une inflammation, si des facteurs rhumatoïdes sont détectables ou si un taux élevé d’acide urique indique une goutte. Dans les cas peu clairs, d’autres examens sont réalisés. Lors d’une ponction articulaire , le médecin prélève du liquide dans l’articulation, qui est ensuite analysé en laboratoire ; cette méthode peut également être utilisée à des fins thérapeutiques. Une arthroscopie permet, à l’aide d’une petite caméra, de visualiser directement l’intérieur de l’articulation et de traiter immédiatement les lésions mineures.

Options thérapeutiques en cas de douleurs articulaires

Le traitement des douleurs articulaires dépend en principe de leur cause. Pour soulager les symptômes aigus, on utilise souvent des analgésiques appartenant au groupe des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) tels que l’ibuprofène ou le diclofénac. Celles-ci peuvent améliorer la qualité de vie à court terme, mais ne s’attaquent pas à la cause réelle de la maladie. Dans certains cas, on recourt également à des injections d’anesthésiques locaux ou de cortisone directement dans l’articulation touchée – mais cela doit être fait avec prudence et uniquement après mûre réflexion. Le traitement de fond varie en fonction du tableau clinique :

  • Dans le cas de maladies rhumatismales inflammatoires telles que la polyarthrite rhumatoïde, on utilise des médicaments qui régulent le système immunitaire.
  • En cas d’arthrose avancée une intervention chirurgicale peut s’avérer nécessaire, par exemple la pose d’une prothèse articulaire.
  • La goutte est traitée par des médicaments visant à réduire le taux d’acide urique dans le sang.
  • Une inflammation articulaire d’origine bactérienne (arthrite infectieuse) nécessite généralement un traitement rapide par antibiotiques.

Approches thérapeutiques alternatives

En complément du traitement médical conventionnel, des méthodes alternatives peuvent contribuer à soulager les symptômes. Certaines personnes concernées font état d’effets positifs grâce à des méthodes telles que l’acupuncturel’acupressionla chiropraxie ou l’ostéopathie. Leur efficacité est toutefois prouvée de manière variable, et elles ne sont pas sans risques. Il est donc recommandé de consulter un médecin dans tous les cas.

Les médicaments à base de plantes jouent également un rôle dans le traitement d’appoint. En naturopathie, on utilise traditionnellement, entre autres, les feuilles de cassisles feuilles de frênel’écorce de saule ainsi que l’ortie pour soulager les douleurs articulaires légères. Elles peuvent par exemple être utilisées sous forme de tisane, de cataplasme ou de pommade. De plus, des préparations standardisées sont disponibles sous forme de gouttes, de gélules ou de comprimés.

Ce que les personnes concernées peuvent faire elles-mêmes

Outre le traitement médical, les personnes concernées peuvent contribuer activement à soulager leurs douleurs et prendre des mesures préventives :

  • Perdre du poids : Le surpoids sollicite davantage les articulations et accélère les processus d’usure.
  • Activité physique régulière : Les sports d’endurance qui ménagent les articulations, comme la natation ou le vélo, renforcent la musculature et le cartilage.
  • Musculation : Un renforcement ciblé de la musculature stabilise les articulations et prévient les sollicitations inappropriées.
  • Repos suffisant : Des pauses régulières pendant le sport permettent d’éviter le surmenage.
  • Éviter les sollicitations unilatérales : Il convient d’éviter les schémas de mouvement défavorables, comme le port prolongé de sacs lourds d’un seul côté.
  • Réduire le stress : Le stress psychologique peut également se manifester physiquement et aggraver les douleurs. Des techniques de relaxation telles que la méditation ou le training autogène peuvent s’avérer utiles.

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